FAQ
C'est quoi ce site? Quand j'achète des DVD, j'aime bien découvrir les extras. Cartes postales d'Asie - le site, est donc, en quelque sorte, la portion «Extras» du livre du même nom. J'y ai mis des reportages auxquels je fais référence dans le livre, des photos, des vidéos et quelques surprises. Comment t'est venue l'idée d'écrire ce livre? Cartes postales d'Asie est le titre des nombreux courriels que j'envoyais à mes proches pendant mon exil de quinze mois. Au bout de quelques semaines, je me suis vite rendu compte que l'exercice me permettait de rassembler mes souvenirs, mes perceptions et mes émotions. Une thérapie en direct, quoi! L'idée d'en faire un livre me trottait dans la tête, mais je trouvais l'exercice terriblement prétentieux. Pourquoi mes états d'âme intéresseraient-ils des gens qui ne me connaissent pas? Et puis je me suis dit merde, j'aurais aimé le lire, moi, ce livre - dans le métro, dans l'autobus, dans la ligne de la banque - au moment où trop de questions m'empêchaient de me défaire des liens avec lesquels je m'étais moi-même attachée. J'aurais aimé voir que tout ça était possible. J'ai donc rassemblé tous mes courriels et me suis mise à travailler sur ce qui est devenu un manuscrit. J'ai conservé la spontanéité et le ton familier, m'adressant au lecteur comme s'il était une vieille connaissance. D'un point de vue plus perso, Cartes postales d'Asie m'a, en quelque sorte, permis de «rentrer au bercail» des mois après mon retour au pays. J'ai une telle horreur des fins! Je voudrais que tout reste toujours en suspend, à l'orée d'un nouveau rebondissement. Plein de vies parallèles dans plein de pays, qui nous emmènent dans plein de directions... mais je m'égare, là! Tous les routards vivent des trips similaires. Pourquoi devrait-on lire ton bouquin? C'est vrai. J'ai l'impression qu'on fait tous le même voyage à quelques détails près. On part faire des treks dans les montagnes thaïlandaises en pensant qu'on est hyper-aventureux alors que tout le monde achète les mêmes forfaits, avec les mêmes agences. On visite un temple se prenant pour Indiana Jones et soudain, on se rend compte qu'on est au moins cinquante à se dire la même chose! Non, je n'ai rien inventé. C'est justement pour ça que n'importe qui peut s'identifier à moi. J'assume pleinement mes limites, mes côtés «fifille» et drama queen, mes angoisses, mes crises existentielles et mes réflexions à deux balles. Je suis une poule mouillée comme des tas d'autres, mais je suis allée au bout de mon rêve, moi, nah! :-) Qu'est-ce qui différencie ton périple alors? Au début, mon voyage ressemble à celui de n'importe quel routard. Puis, je me suis installée à Taïwan, où j'ai enseigné pendant une dizaine de mois avant de me consacrer à nouveau au journalisme. Je m'y suis fait un nid, à ma manière. Côtoyer des ados m'a permis de découvrir des facettes de la culture que je n'aurais pas vues autrement. Je raconte mon quotidien avec eux, la vie en colocation avec des profs de partout (sans aucun doute l'aspect le plus difficile de ma période «prof», rien à voir avec le film L'Auberge espagnole!), ma découverte du pays, de la culture, du nightlife... Et puis, surtout, il y a le choc culturel, omniprésent, qui ne vient bien souvent pas de ce qu'on voit, mais de comment on est vu. Pourquoi avoir attendu quatre ans avant de faire publier ton livre? Comme je le disais, je trouvais l'exercice extrêmement prétentieux. Une fois cet aspect de ma personnalité un peu mieux assumé (!), je me suis mise à chercher qui, au Québec, pourrait bien vouloir publier ce genre de livre. En Europe, on trouve pas mal de récits de voyage, mais ici, c'est plutôt exceptionnel. Puis, j'ai mis le projet sur la glace pour écrire Embarquement immédiat, pistes et ressources pour les jeunes voyageurs de 18 à 35 ans, publié chez Stanké en 2004. J'ai replongé dans mon manuscrit quelques mois après, je l'ai retravaillé, re-retravaillé jusqu'à en avoir mal au cœur. L'exercice a été beaucoup plus ardu que prévu et je l'ai souvent mis de côté pour profiter du tourbillon de ma vie montréalaise. Mais j'y revenais toujours. Le printemps dernier, j'ai repéré quelques maisons d'éditions susceptibles d'être intéressées par mon bouquin et Mémoire d'encrier m'a contactée. Je pense qu'il me fallait aussi un détachement que je n'avais pas pour faire la part des choses. Et censurer quelques passages! lol Pourquoi publier un récit de voyage à l'ère des blogues? J'en ai un, un blogue, mais il me sert surtout à partager les sites insolites sur lesquels je tombe au hasard de ma navigation. J'avais commencé à en rédiger un plus personnel alors que j'étais à Taïwan, mais la forme - avec les posts du jour en premier - m'énervait. Je n'aime pas attraper un blogue-récit en cours de route, il faut revenir en arrière, lire quand même les messages de haut en bas, remonter... Et puis, on aura beau dire que les écrits restent, ils peuvent facilement se perdre dans l'océan du cyberespace. Je reste accro au côté «romantique» du papier, même si je passe facilement une dizaine d'heures par jour devant mon ordi. J'avais envie que mon livre «prenne vie», existe dans le concret. T'as écrit quoi avant? J'ai passé mon adolescence à noircir de petits cahiers dans le sous-sol familial (ça compte-tu?). J'étais persuadée d'être la réincarnation de Nelligan et sur le point de sombrer dans la folie. :-))) Compter les pieds a été le sport extrême de mon adolescence, c'est vous dire! Mais la poésie, c'était niaiseux, ça ne payait pas, je n'étais pas née dans la bonne époque y paraît. Faut croire que j'étais influençable puisque j'ai arrêté. Entre 18 ans et 20 ans, j'ai écrit quelques nouvelles. La fiction me demande un plus grand effort. Probablement parce que je zappe très vite un livre qui ne m'accroche pas. Je ne devais pas être si pire malgré tout puisque j'ai gagné deux prix à cette époque, celui du concours Critère (pour les cégépiens), et celui de la meilleure nouvelle de trois pages de l'UQAC. Ensuite, ben il y a eu la vie. Vous savez, le boulot, les voyages, l'amour. Ça prend du temps, l'amour, surtout quand c'est pas le bon. On tombe, et hop! quand on se relève, on se rend compte que ça fait plus de dix ans qu'on a pas écrit de fiction. En plus d'Embarquement immédiat, pistes et ressources pour les jeunes voyageurs de 18 à 35 ans (éditions Stanké, 2004), j'ai signé des centaines de reportages, chroniques, capsules et autres pour des magazines, des journaux, des sites Web et des émissions de télé. C'est peut-être parfois niaiseux, mais ça paie pas pire et ça évite de sombrer (complètement) dans la folie. :-))) D'où te vient ta passion pour les voyages? J'ai toujours voulu voyager. Enfant, j'ai tripé sur Les Cités d'or, Tom Sawyer, Les Trois Mousquetaire, Rémy, Lady Oscar... Mes parents habitent une petite ville du Lac-Saint-Jean et n'ont jamais pris l'avion. Voir du pays me semblait quelque chose d'inaccessible. Il m'apparaissait donc naturel de tout miser sur la carrière. Entre 19 et 26 ans, j'ai travaillé comme une dingue pour arriver à me tailler une petite place dans le milieu médiatique québécois. Je me suis éclatée à fond, mais j'ai réalisé un jour que j'avais envie de vivre moi aussi, pas seulement regarder vivre les autres dans mes reportages. Depuis l'adolescence, je martelais : «Je veux profiter de la vie avant qu'elle ne profite de moi». Sauf que j'avais choisi le chemin le plus sûr pour aller à l'encontre de ma propre philosophie! Cela dit, je ne regrette rien puisque j'ai eu la chance de travailler sur des projets vraiment stimulants comme Le Petit Journal, à TQS, qui m'a permis d'expérimenter, de me casser la gueule, d'apprendre et de m'amuser à fond. Les petits voyages d'une semaine, et même de trois mois (j'ai fait un stage en vidéoreportage au Burkina Faso à l'âge de 25 ans), ce n'était pas assez: je voulais me retrouver devant la page blanche d'une nouvelle vie et sentir cette angoisse, à la fois si déstabilisante et si grisante. À part les pays dont tu parles dans le livre, quels autres endroits as-tu visités? L'Inde, le Sénégal, le Mali, le Burkina Faso, la République dominicaine, la Belgique, Cuba, Vancouver, San Francisco, New York, Saint-Martin, Saint-Barthélémy, la France, l'Espagne, l'Italie, Monaco, Amsterdam, Lisbonne...Ça fait un peu «liste d'épicerie» dit comme ça, surtout considérant que je n'ai passé que quelques jours - ou quelques heures, dans le cas d'Amsterdam! - dans certains pays. Où aimerais-tu aller maintenant ? Partout! Chose certaine, je n'en ai pas fini avec l'Asie. Je suis passée en coup de vent en Inde - dix petites journées pour un reportage - un pays qui me fascine et que je veux découvrir encore et encore. J'ai des rendez-vous manqués avec le Viêtnam, la Birmanie et l'Indonésie, où je me suis promis d'aller. Le Népal m'intrigue depuis l'adolescence. L'Australie et la Nouvelle-Zélande aussi. Je voulais aller garder des moutons là-bas avec mon homme et écrire un livre là-dessus, mais un certain Mathyas Lefebure (D'où viens-tu berger?, publié chez Leméac en 2006 - excellent en passant -) m'a devancée (grrr), quoiqu'il vit en Provence, lui. As-tu d'autres projets d'écriture? Oui, toujours! Surveillez la section «Actus» pour les mises à jour! Autre chose à ajouter? Pendant que je travaillais sur mon bouquin, bien au chaud chez mes parents, le tsunami balayait des bouts de paradis qui m'avaient profondément marquée. Plus que jamais, j'ai réalisé l'importance de la mémoire. Je ne veux pas oublier.
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